Ya tu quelqu’un en ville qui sait pas encore que je m’en vais à Paris dans trois jours?

J’ai l’impression de n’avoir parlé que de ça pendant les fêtes. #sorrynotsorry 

D’ailleurs. On m’a demandé à quelques reprises pendant les vacances si je me sentais mal de partir en voyage, de laisser mes enfants.

– Non les filles seront avec leur papa.

On m’a aussi demandé si je me sentais coupable de laisser mon conjoint pendant TOUTE une semaine.

– Pas vraiment. Nous en avons discuté je n’ai pas pris la décision sur un coup de tête.

J’ai aussi entendu ce genre de commentaire :

« Ouin, va falloir tu t’arranges tout seul pendant que ta blonde va être partie ».

À force, j’ai fini par me poser des questions, si je faisais la bonne chose de partir à Paris pour mon travail, si c’était vraiment nécessaire, si j’étais égoïste, parce que, clairement que je vais avoir du fun, ce ne sera pas “juste” pour le travail. Je me suis même demandé si j’étais une mauvaise maman… Oui, mon questionnement est allé aussi loin que ça. Aussi loin que de me demander si mon ambition allait à contresens de mon rôle de mère.

Rapidement, je me rendu compte que la réponse, ben, c’est non.

Je n’ai pas besoin de me justifier et ce statut n’est pas un défoulement quelconque. Mais j’ai envie d’en parler. Parler de quoi? De cette culpabilité présente dans notre adn, dans notre histoire de vie.

Partant du principe qu’on parle toujours de soi. Peu importe ce que l’on dit et à qui on le dit, on parle tout le temps de nous. La preuve, ce que matante Ginette ou mononcle Serge nous ont souhaité au jour de l’an, c’est ce qu’ils se souhaitent à eux aussi.

Donc, en repensant aux discussions et aux personnes qui me demandaient pourquoi je m’en allais à Paris et comment je me sentais, en fait, ce que les gens me nommaient réellement est ceci:

– Moi, je serais pas capable de partir comme ça, je me sentirais coupable.

+ un peu de jugement “je te trouve ben conne” ou encore “je t’envie”.

C’est ok. C’est ok que tu te sentes coupable ou que tu juges, on le fait tous, MAIS, je ne peux pas m’empêcher de penser que ça serait tellement facile et plaisant si cette culpabilité, inconsciente, qui nous pousse à nous remettre en question constamment, crissait son camp. Je dis ça je dis rien. On jase là… Comment se déroiulerait 2020 s’il n’y avait pas de culpabilité? Pensez-y.

Et comme je n’ai pas encore fait mes souhaits de bonne année, mise à part aux écrivaines (vous pouvez d’ailleurs lire ici même: https://julienormandin.ca/le-meilleur-cadeau-dentre-tous/) alors je me lance:

Je NOUS souhaite, à toutes et chacune, de s’assumer entièrement. D’être qui nous sommes dans nos envies, nos rêves, nos comportements, nos idées, nos mots. Parce qu’en s’assumant, la culpabilité sert pu à rien. Pis la vie est trop courte pour se sentir mal, partir à Paris et se flageller pendant une semaine pour plein de “j’aurais dont du”… Je nous souhaite aussi de se réaliser pleinement, tous les jours de l’année, dès maintenant.

Personne n’a la vérité infuse, pas moi, pas personne. C’est donc s’avouer que toutes les vérités sont vraies, en autant qu’elles fassent du sens pour nous et que ça nous rendent heureux/heureuses. Comme dirait une écrivaines française que j’ai coaché en 2019 : On est pas ici pour trier des lentilles. Traduction : on est pas ici pour se faire chier (tiré d’une autre écrivaine, québécoise cette fois, que j’ai coaché aussi en 2019).

Dans trois jours, vous serez inondés de photos et de vidéos. Je me peux pu, m’en vais faire ma valise.

Bonne année 2020

Julie Normandin

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